lundi 27 mai 2013

L'histoire du Mirage IV A dans l'armée de l'air 1964-1991 (partie 2/5)



Bonjour,

Voici le second article de cette série sur le mirage IV qui contera je pense pour l'instant 4 articles mais peut être éventuellement un cinquième. Celui ci concerne le Mirage IV dans sa version initiale, c'est à dire le mirage IV A en service de 1964 à 1991 soit 27 ans de service. Reprenons donc où nous en étions c'est à dire à la fin des essais en vols des 4 prototypes.



Le marché pour 50 avions est confirmé le 29 mai 1962 et, le 4 novembre 1965, celui de 12 avions supplémentaires de même définition mais pouvant être équipés d’un conteneur de reconnaissance (ce sera le CT-52).


Chaîne d'assemblage
Le mirage IV dévoile sa structure. (DR)

Production série Bordeaux Mérignac
Les chaines d'assemblage Dassault à Bordeaux Merignac (DR)



L'avion de série n° 1 effectue son premier vol à Mérignac, le 7 décembre 1963, aux mains de René Bigand. Le 17 février 1964, il se pose sur le terrain de Mont de Marsan où il est livré à l'armée de l'Air (au CEAM), il doit servir à définir les conditions de mise en oeuvre opérationnelle ( il fallait tout découvrir, ravitaillement en vol, supersonique, manuel d'emploi...).
configuration bombe 2500kg
Le mirage IV A C/N 1 maintenant immatriculé AP et conservée au musée CANOPEE à Chateaudun. Il est vu ici à Istres en 1965 dans une configuration très particulière puisque jamais utilisée dans la carrière de l'appareil. (DR)


 A son entrée en service en 1964, le Mirage IV A devient le premier avion militaire européen capable de vol de longue durée à plus de Mach 2 ; il est toujours le seul en Europe occidentale capable de telles performances.



En 1964, les FAS (forces aériennes stratégiques) sont créées, toutes les formations de l'armée de l'air ont contribué à alimenter les nouvelles unités.
Il a fallut former les pilotes, les navigateurs (de mirage IV mais aussi des ravitailleurs KC-135) ce qui a engendré un effort important pour l'armée de l'air.



De nombreuses bases sont créées ou transformées pour lancer avions atomiques Creil, Luxeuil, Istres, Cambrai, Cazaux, Mont de Marsan, Avord et Saint Dizier.


Dès octobre de la même année, le premier escadron de bombardement est déclaré opérationnel sur la base aérienne de Mont-de-Marsan, il s'agit du 1/91 Gascogne qui désormais assure l'alerte nucléaire. Le défi contre le temps a été gagné permettant à la France de devenir une véritable puissance nucléaire. La livraison des avions aux Forces aériennes stratégiques s'effectue à la cadence de deux par mois jusqu’en mars 1968.


Début carrière 1964
Les premiers mirage IV A, sans les lettre d'identification sont caractéristiques du début de carrière de l'appareil. (DR)


A l'arrivée du mirage IV, les chasseurs étaient très intéressés de voir comment intercepter cette machine, des "rencontre" sont donc organisées: Mirage III contre mirage IV. Ce dernier surclasse  grâce à sa vitesse le mirage III qui ne peut que rester impuissant.

Cependant pour montrer aux autres pays que le mirage IV est un vecteur à prendre au sérieux, il reste un test grandeur nature à effectuer et celui ci ne peut bien sûr être effectué n'importe où. Initialement, les essais nucléaire français étaient effectués à Reggane en Algérie mais les accords sur l'utilisation de ce site arrivent à échéance, c'est donc sur le nouveau site du CEP (centre d'expérimentation du pacifique) à Mururoa que l'explosion aura lieu.

Hao, un Atoll perdu au milieu du pacifique, utilisé comme base arrière pour les essais nucléaires français pendant 30 ans de 1966 à 1996.

Bien souvent un paradis pour les appelés qui y ont été affectés, mais malheureusement quelques années après le constat n'est pas aussi reluisant.
A partir de 1965, on parle de la mission Tamouré, prévue pour début 1966, des itinéraires sont étudiés, avec les KC-135.

Mi-1966, le  mirage IV 36 est donc convoyé jusqu'à la base d'HAO pour le 1er larguage d'une bombe atomique avionnée. Il s'agit de la première traversée de l'atlantique par un avion de combat français (7h40 de vol). Un deuxième le N°9 le rejoindra par voie maritime.


Le 19 juillet 1966, le mirage IV A n°9 (AH aujourd'hui préservé dans le hall concorde du musée de l'air et de l'espace du Bourget) de l'EB 1/91 Gascogne largue une AN 21 de 60 kilotonnes.

Mirage IV A C/N 9 AH
Petit dessin présent sur le 9/AH après sa participation à Tamouré. (DR)




Pour la petite histoire, le 9/AH était l'avion de secours et le 36 devait effectuer le largage mais le 36 rate le coup suite à atterrissage sur le ventre.

Tamouré Hao
Le 36 après son atterrissage sur le ventre (DR)

Tamouré Hao
Il sera rapatrié par la mer en métropole et reprendra du service après réparation. Il sera même transformé en mirage IV P dans les années 80 et l'on peut encore l'admirer aujourd'hui sur la BA 125 d'Istres. (DR)

Atoll Hao CEP 1966
Un mirage IV à l'atterrissage à Hao (DR)



Le système montre donc qu'il est pleinement opérationnel et le président dispose d'un nouveau moyen de pression  politique avec le système Mirage IV, KC-135 et AN 21 qui est prêt en permanence à être lancé dans un délai de 5 minutes à quelques heures suivant les stades d'alerte. Jusqu'au début des années 70, avec l'arrivée des SNLE (Le redoutable est mis en service le 1er décembre 1971) et des missiles nucléaires du plateau d'Albion (en service de 1971 à 1996), les mirage IV seront les seuls à assurer la dissuasion nucléaire.



L'insigne des FAS (Forces aériennes stratégiques) illustrant parfaitement le concept de dissuasion nucléaire, avec la colombe posée sur le bras armé: Le rouge est la couleur de l'aviation de bombardement. La colombe évoque le souhait que ces forces ne soient jamais employées. Un gant de fer dégainant une épée montre que, si nécessaire, les Forces aériennes stratégiques sont prêtes à remplir leur mission de destruction.

dissuasion nucléaire Française
Mise en service du SNLE Le Redoutable le 1er décembre 1971 (DR)
dissuasion nucléaire Française
Un missile nucléaire de la BA 200 du plateau d'Albion (DR)

Initialement, ils devaient être maintenus en ligne seulement une dizaine d'années, pour donner du temps afin de créer les SNLE. Décision est prise de prolonger leur vie en octobre 1970 puis fin 1976, de les prolonger encore jusqu'en 1985.


A la mise en service du mirage IV, la bombe atomique est l'AN 11 (Arme Nucléaire 11) puis rapidement elle est remplacée par l'AN 21, bombe non freinée. Ces deux bombes étaient utilisées pour un concept d'attaque à haute vitesse et haute altitude.Or, très rapidement, on assiste à une évolution de la menace sol/air et du  développement des radar qui rendent désuet le concept initial. L'attaque haute altitude et haute vitesse est donc remplacée par une pénétration basse altitude et haute vitesse, sous la couverture de radar adverse.
dissuasion nucléaire Française
Il est très difficile pour un non spécialiste de faire la différence entre les bombes AN 21 et AN 22 (DR)

L'AN 21 est alors remplacée par l'AN 22 qui est freinée par un parachute pour laisser le temps au mirage IV de s'éloigner de la cible. (Ce concept évoluera encore avec l'arrivée du missile ASMP (Air Sol Moyenne Portée) en 1986 sur mirage IV P).



dissuasion nucléaire Française
Le mirage IV A 43/BP (DR)





Les 3 escadres de bombardement ont accueillis le mirage IV, la 91ème, la 93ème et la 94ème escadre de bombardement :

1/91 Gascogne 1er octobre 1964 au 1er juillet 2005 à Mont de Marsan
2/91 Bretagne 1er décembre  1964 au 31 juillet 1996 à Cazaux
3/91 Beauvaisis 1er juin 1965 au 30 juin 1976 à Creil

1/93 puis 1/94 Guyenne 5 jullet 1965 au 28 novembre 1986 Istres puis Avord
2/93 Cevennes 1er avril 1965 au 1er octobre 1983 à Orange
3/93 Sambre 6 juillet 1965 au 30 juin 1976 à Cambrai

1/94 Bourbonnais 5 juillet 1965 au 9 juin 1976 à Avord
2/94 Marne 1er février 1965 au 1er juillet 1988 à Saint Dizier
3/94 Arbois 1er février 1966 au 30 septembre 1983 à Luxeuil

Forces aériennes stratégiques
Organisation des FAS entre 1966 & 1976 (source Air Fan)
Forces Aériennes Stratégiques
Un bel alignement de mirage IV au 1er plan, le 29/BB est aujourd'hui en stèle sur la BA 702 d'Avord.

A leurs côtés, le CIFAS 328 (Centre d'Instruction des Forces Aériennes Stratégiques) et l'ERI 1/328 (escadron de reconnaissance et d'instruction) basé du 1er février 1964 au 6 septembre 1991 à Bordeaux Merignac. Le CIFAS est essentiel à la dissuasion nucléaire car c'est sur lui que repose la formation de tous les pilotes et navigateurs pour cela, il dispose d'avions particulièrement modifiés  pour cette mission que nous verrons un peu plus tard.

configuration lisse
Le 14 Alpha Mike en configuration lisse certainement avant 1970 (DR)

Par ailleurs, pour chaque escadre de bombardement, on a un escadron de ravitaillement en vol qui est créé

4/91 Landes à Mont de Marsan 1/01/1964
4/93 Aunis à Istres le 13/07/1965
4/94 Sologne à Avord le 15/04/1966

Dassault Mirage IV A
Le KC-135 est indissociable du Mirage IV puisque le KC-135 a été acheté pour le mirage IV qui ne pouvait remplir sa mission de dissuasion nucléaire sans lui. (DR)


Le Mirage IV et ses missions :

Pendant 10 ans, 36 mirage IV A  ont été en ligne en permanence, avec jamais plus de 4 avions sur une même base pour diminuer leur vulnérabilité. Suivant le seuil d'Alerte décidé par l'état major, ils sont prêts à partir en  5 ou 15 minutes et grâce aux 3 escadrons de ravitailleurs KC-135 sur Mont de Marsan, Istres et Avord ils peuvent rejoindre leur cible.

Forces aériennes stratégiques
A dater de 1964, les KC-135 ont été l'un des pilliers indispensable à la crédibilité de la dissuasion nucléaire française. (DR)


Début 1970, 50 aérodromes en France peuvent recevoir le mirage IV et décoller à pleine charge (32 tonnes) des pistes les plus courtes et par temps chaud grâce aux fusées JATO (+ 5.44 tonnes de poussée).

Décollage fusées JATO
Le décollage avec les fusées Jato était généralement pratiqué moins de 1 fois par an par les pilotes, il demeurait quelque chose d'exceptionnel. (DR)
Les restructurations :



En 1975, on assiste à un réchauffement politique qui se traduit par une réorganisation en 1976 par demande de l'EMAA (état major de l'armée de l'air) et des FAS, on assiste à la suppression des escadrons de Creil  Istres et Cambrai (Les 3/91 Beauvaisis 3/93 Sambre et 1/94 Bourbonnais), et à la création  d'escadrons lourds à 7 mirage IV au lieu des 4 initiaux (Luxeuil, Mont de Marsan et Avord, Orange, Saint Dizier, Cazaux). Le parc d'armement nucléaire s'établit à 39 AN 22. Enfin, l'alerte à 15 minute est supprimée à daté du 1er juillet 1975.

Le 34/BG ferraillé en 1995, vu ici en position d'attente depuis le BOOM d'un C-135 F(DR)


dissuasion nucléaire Française
Le 43/BP au décollage pleine PC, avec la livrée aluminium portée de 1964 à  la fin des années 70. (DR)
Ce qui donne comme situation:
Dassault Mirage IV P
L'insigne du Guyenne

Pour la 94ème EB:
1/94 Marne à Saint Dizier
2/94 Guyenne à Avord
3/94 Arbois à Luxeuil

Pour la 92ème EB:
1/91 Gascogne à Mont de Marsan 
2/91 Bretagne à Cazaux
3/91 Cevennes à Orange


Les escadrons de ravitaillement en vol sont tous intégrés au sein d'une même escadre, la 93ème mais restent répartis sur le territoire:
- 3/93 "Landes" à Mont de Marsan
- 2/93 "Sologne" à Avord
- 1/93 "Aunis" à Istres

Le 43/BP, aujourd'hui préservé en stèle sur la BA 118 de Mont de Marsan, mais avec un camouflage, c'est quand même beau tout alu ! (DR)
Le même au sol, les échelles de l'appareil sont assez impressionnantes. (DR)

Après la  restructuration de 1976, on a  aussi une nouvelle structure du CIFAS 328 (Centre d'Instruction des Forces Aériennes Stratégiques):

Avec:
  • ETIS: Ensemble Technique et d'Instruction Spécialisé pour les cours au sol
  • ERI 1/328 :Escadron de Reconnaissance et d'Instruction équipé de mirage IV A
Le 11/AJ aujourd'hui exposé sur la BA 106 de Bordeaux Mérignac qui abrita le CIFAS depuis sa création en 1964 jusqu'à sa dissolution en 1992.
  • EE 2/328 : Escadron d'Entrainement (sur mirage III B modifié avec une perche sèche pour l'entrainement au ravitaillement en vol, c'est à dire que la perche de ravitaillement n'était pas connecté au système d'alimentation de l'appareil).
Le Mirage III B-RV, photo de Hervé Cariou (merci à lui pour le prêt de ses photos).

  • ETI 3/328 : Escadron de Transport et d'Instruction sur Nord 2501 Noratlas SNB (Système de Navigation et de Bombardement, modifié avec un poste de navigateur de mirage IV A reproduit dans la soute) et cargo pour la logistique des escadrons des FAS (tout les escadrons de mirage IV étaient disséminés sur de nombreuses bases) ainsi que des Lockheed T-33.

Un Noratlas SNB du CIFAS de l'ETI 3/328, on distingue le radôme identique a celui du mirage IV A
camouflé
Le mirage IV A 12/AK vu entre 1975 & 1982, le camouflage a fait son apparition, il protège mieux les avions qui accomplissent désormais la partie la plus dangereuse de leur mission  a basse altitude. (source: air fan)
Alerte nucléaire
Entre 1968 & 1988, l'armement n'évolue pas, l'AN 22 reste la base de la dissuasion.


  • La vie quotidienne du mirage IV A dans l'armée de l'air
La vie du mirage dans l'armée de l'air était rythmée par les exercices comme les mission poker et les alertes qui étaient assurées en permanence. 


Mission Poker: Cette mission type dure environ 4h, elle est composée d'un décollage, d'un ravitaillement en vol à haute altitude, puis d'une percée suivi d'un vol en basse altitude haute vitesse (300 pieds/600 noeuds) avant de remonter pour un autre ravitaillement en vol avant le retour.



On a plusieurs stade d'alerte:

  • En stade permanent et en cas de fermeture de la base de plus de deux jours consécutifs, l'astreinte à domicile variait de 6h à 48h pour les équipages, les mécaniciens devant maintenir deux équipes en alerte à 48h.
  • Stade de précaution: permanence H24 pour tout le monde
  • Stade d'alerte maximale: personnel et équipages consignés au pied des avions placés en alerte à 15 min, les décollages s'effectuaient généralement en 8min au lieu des 15.
Le DAMS (Dépot Atelier de Munition Spéciales) devait assurer des permanences H24.
Contrairement au mirage IV A, le Mirage IV P n'a jamais été en alerte maximum, mirage IV A l'a été en 1968 à cause du printemps de Prague.

Au CIFAS, où l'ERI 1/328 s'occupait de la reconnaissance stratégique, on a eu également des missions secrètes.

Les missions Cirque par exemple qui consistaient à aller faire un passage éclair à basse altitude au dessus de navires soviéiques dans les eaux internationales. Un très bon récit se trouve ici


réservoir RS 21
Le 55/CB vu ici avec une configuration rare, sans bidons externes et avec le bidon semi encastré RS 21.





En 1983, on a une nouvelle restructuration:

Les 3/91 Cevennes à Orange et 3/94 Arbois à Luxeuil sont dissous. 
A cette date, il ne reste que 4 EB (Escadron de Bombardement) , un ERI (Escadron de Reconnaissance et d'Instruction, intégré au CIFAS) et 3 ERV (Escadron de Ravitaillement en Vol) sur C-135F dans les FAS.

escadron 2/94 Guyenne
Le BT vu entre 1982 & 1986 sur la BA 702 d'Avord (escadron Guyenne)
  • 91ème EB: 1/91 Gascogne à Mont de Marsan et 2/91 Bretagne à Cazaux
  • 94ème EB: 1/94 Guyenne à Avord et 2/94 Marne à Saint Dizier
  • 93ème ERV: 1/93 Aunis à Istres, 2/93 Sologne à Avord et 3/93 Landes à Mont de Marsan.
  • CIFAS 328 à Bordeaux Merignac (ERI 1/328, EE 2/328 et ETI 3/328)

En novembre 1986, alors que le IV P monte en puissance, les FAS procède à la dissolution d'un des deux escadrons encore opérationnel sur mirage IV A, l'EB 1/94 Guyenne d'Avord.



Dissolution 2/94 Guyenne novembre 1986
Dernier vol à 3 Mirage IV A lors de la dissolution du Guyenne en novembre 1986 (source: air fan)

Le CIFAS change de structure en juin 1986 date où l'ETI 3/328 est dissous.

Décollage fusée Jato
Alpha Papa en décollage Jato, ce type de décollage pouvait être tellement puissant notamment en configuration lisse que même si le pilote mettait son manche à plein piqué, l'avion continuait de monter. Photo Hervé Cariou





Dassault Mirage IV A AR/19 au roulage avec fusées JATO.


Finalement, en juillet 1988, c'est au tour du 2/94 Marne de la base de saint Dizier de fermer ses portes mettant fin à la mission de bombardement nucléaire du mirage IV A(de 1964 à 1988) ainsi qu'à la 94ème escadre de bombardement.

Alpha Mike en configuration  d'atterrissage, à noter que les JATO n'étaient largués qu'en cas de guerre. Photo Hervé Cariou

Dissolution EB 1/94 Marne juillet 1988
La fin de la dissuasion nucléaire sur mirage IV au marne. 25 ans après, le 24/AW  est en bien piteux état à Chateaudun (photo Patrick Bigel)

Seules subsistent la 91ème EB, la 93ème ERV et le CIFAS 328 dernier opérateur du mirage IV A jusqu'en 1991.


 Le 1er septembre 1991, le CIFAS est dissous, seul l'ERI 1/328 est conservé, il est rattaché à la 91ème escadre de bombardement. Cela marque la fin de la carrière du Mirage IV A dans l'armée de l'air, le 11 septembre 1991, le dernier vol à lieu, il conduit les deux derniers appareils (le 9/AH seul mirage IV à avoir largué la bombe atomique) et le 45/BR vers la base de Chateaudun avant de rejoindre leurs dernières demeures. (le 9/AH est toujours au musée de l'air du Bourget et le 45 a été exposé jusqu'en 2009 à la cité des sciences de la villette, il a depuis été ramené à Chateaudun et j'ignore s'il y est toujours actuellement). 

Le 9, l'un des derniers mirage IV A opérationnel (DR)

L'ERI 1/328 ne survivra pas longtemps, il est dissous à Bordeaux le 30 juin 1992, les mirage IVP qui s'y trouvaient vont à Mont de Marsan et le mystère 20P  est affecté au 2/91 Bretagne avant de rejoindre le CITAC 339 à Luxeuil qui regroupe alors l'ensemble des moyens d'entrainement des forces tactiques et stratégiques, mais ça c'est une autre histoire !

La suite dans un prochain article.

Baptiste





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2 commentaires:

  1. C'est, malgré les attitudes de dévouement de chacun des documentaristes, regrettable de ne rien trouver de trés détaillé concernant le

    Mirage IV B, "le GROS".

    Même pas une photo de la maquette en échelle 1, en bois, à Saint CLOUD. Merci beaucoup, quand-même pour ce site.
    Pierre BELLISSANT.

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  2. Admiratif de la technique "avion" et 84 ans, attiré aussi par les locos-vapeur, et par la GARRATT BT roulant en Algérie, au cours des
    années 1950 (et oui...), et ayant fait le trajet de Tlemcen à Bel-Abbès, en 1951 ou 2.
    Laquelle Garratt reste 'the most striking loco'...ert construite en France par la société Franco-Belge, dans le 'chnord' (vers Valenciennes).

    Pierre Bellissant

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