vendredi 26 juillet 2013

Dassault Mirage IV, le temps de la reconnaissance stratégique (partie 5/5)

Bonjour,

Aujourd'hui, voici le dernier opus de la série sur le mirage IV, qui concerne la reconnaissance stratégique.

  • La reconnaissance stratégique:

On l'a vu précédemment, la missions de reconnaissance stratégique n'est pas apparue durant la fin de vie du mirage IV puisque le Pod CT-52 est entré en service au CIFAS en 1971 (soit 7 ans après la mise en service du mirage IV). Mais en 1992, suite à la dissolution de l'ERI 1/328 (Escadron de Reconnaissance Stratégique), la mission de reconnaissance stratégique est transférée aux EB 1/91 Gascogne et EB 2/91  Bretagne ceci marque le début de la nouvelle vie des mirage IV.



Dassault Mirage IV
L'insigne du CIFAS, porté auparavant par les A-26 invader de l'armée de l'air



Revenons un instant aux débuts de l'utilisation du pod CT-52 dans l'armée de l'air. Après avoir été testé à la fin des années 60 à Bordeaux et Mont de Marsan, le CT-52 rentre en service au CIFAS de Bordeaux, la reconnaissance stratégique restera la spécialité de l'escadron jusqu'en 1992.

Mirage IV
Un mécanicien achève la préparation du Pod avant une mission. photo (D. Ischi)



La première fois que les mirage IV se sont illustrés autre que pour leur mission de dissuasion nucléaire, c'est lors de l'affaire Françoise Claustre, une ethnologue du CNRS enlevée le 21 avril 1974 au Tchad par les rebelles d'Hissène Habré car la France soutenait le régime légitime auquel ils s'opposaient.

Paris Match
Une couverture de Paris Match de l'époque



Après l'échec des négociations, il est envisagé de la libérer par la force ce qui requérait une connaissance précise du terrain. A l'époque, l'épine dorsale de la reconnaissance française est constituée de mirage III R & RD non ravitaillable en vol, ce qui les empêche d'aller aussi loin. On fait donc appel au Mirage IV du CIFAS. Le lieutnant Colonel Delarche qui le commande est chargé de préparer la mission. Deux équipages sont sélectionnés, pour cette mission, ils vont utiliser les appareils 54/CA et 57/CD (en réserve). Plusieurs vols tests sont effectués pour déterminer la bonne configuration à adopter, finalement, ce sera un mirage IV doté du CT-52 au point ventral, de 2 brouilleur CT-51 Espadon et 2 bidons RP 20 de 2500 l sous les ailes.

51/BX
Le mirage IV 51/BX en configuration lourde. (photo Dassault Aviation)


Pour la mission, ce ne sont pas moins de 5 ravitailleurs C-135F qui sont utilisés (rappelons qu'à l'époque ils étaient encore équipés de leurs anciens moteurs, bien moins performants !).


Le 10 septembre, les appareils choisis rallient Istres avec leurs équipages, le 11, à 4h du matin, les pilotes mettent en route les 4 Atar 9K des deux appareils (Il faudra 4 tentative pour le moteur droit du 57). Une fois les Baléares atteintes, ce dernier rebrousse chemin ayant atteint la limite de son carburant pour remplacer le CA.



Pour la suite du transit, le mirage IV CA vola en patrouille serrée sur le C-135 F 63-12739 afin  que leur écho radar soit assimilable à celui d'un avion de ligne de l'époque (on se demande bien où les scénaristes des Chevalier du ciel ont puisés leur inspiration ! (= ).


12739
Le 739 avec ses moteurs J57-59W (photo "AlgA")


A l'arrivée au Tchad, le pilote du C-135F Stratotanker évoque un ennui moteur au contrôle international ce qui lui permet de faire un demi tour, le changement de cap durant 45 minutes. En réalité, à ce moment là, le mirage IV se sépare du Boeing va effectuer sa mission. Celle ci consiste à faire du mapping, c'est à dire que le mirage IV va effectuer une série de plusieurs trajectoires parallèles à Mach 0,9 et 28 000 pieds lui permettant de couvrir une grande surface avec ses capteurs.

Finalement, lorsque tous ses films furent utilisés, le mirage IV piloté par le Commandant Lannevere et le commandant Jeantet (navigateur) rejoignit le Boeing qui leur transféra 12,7t de carburant (sur les 14,6t du plein total, la traînée aérodynamique engendrée par la configuration utilisée étant particulièrement pénalisante.

Puis ce fut le chemin retour, d'abord vers l'Italie (pendant qu'un C-135F décollait d'Istres pour prendre le relais) puis vers Bordeaux où ils se posèrent à 12h. Inutile de dire que sitôt l'appareil immobilisé une nuée de mécanicien se ruèrent sur les caméra pour récupérer la précieuse récolte qui sitôt vue par les interprétateurs photo fut envoyée à Creil par un mirage III BR du CIFAS.

CIFAS
Le mirage III BR ou B2 247 du CIFAS avec une perche sèche pour l'entrainement au ravitaillement en vol.  (DR)


Pourtant, là n'est pas le dénouement de l'histoire puisque le lendemain, vers 21h Lannevere reçoit un nouveau coup de fil. Une nouvelle mission baptisée "Rebelote" est prévue pour le 14 septembre. Toujours au départ d'Istres, il s'agit de couvrir la zone où laquelle la rançon doit être livrée par un Transall. Cette fois-ci, la mission se fait sans bidons de 2500 l, cela réduit la  capacité de carburant de l'appareil de près de 30% mais réduit aussi considérablement la traînée.

Reconnaissance stratégique
Le 23/AV sans ses bidons, équipé de ses CT-51. Cet appareil est préservé depuis 2005 en stèle sur la BA 120 de Cazaux, ancien fief du 2/91 Bretagne. (DR)

La route avait cette fois été préalablement empruntée par un DC-8 Sarrigue chargé de reconnaître les menaces auxquelles le mirage IV pouvait être soumis. La mission dura 8h 05 et l'appareil reçu 32 tonnes de carburant (à comparer aux 10,6 tonnes qu'il emporte en interne).
Finalement, la rançon fut versée en vain et c'est Khadafi qui négocia la libération de l'ethnologue le 30 janvier 1977.

armée de l'air
L'unique DC-8 Sarigue (Système Aéroporté de Recceuil d'Informations de Guerre Electronique), préservé au musée de l'air et de l'espace du Bourget totalise un nombre impressionnant d'heures de vol: 60 442 h en 40 ans depuis son premier vol en 1961. (DR)


En 1978, le Tchad refit parler de lui, la mission de reconnaissance revient encore au CIFAS, cette fois-ci, c'est le 62 / CI qui s'y colle avec comme équipage LC Agnard et le Cne Hiron. L'appareil est en lisse avec deux pods CT-51  sur les points externes, ces derniers sont finalement abandonnés car ils engendrent trop de traînée, l'appareils comptant sur ses seules Contres mesures électroniques internes. Le 13 mai 1978, à 4h du matin, l'appareil décolle pour une mission de 9h30 ponctuée par 6 ravitaillement en vol.


Reconnaissance stratégique
Le 61/Charlie Hotel dans une configuration identique à celle utilisée pour la mission du 13 mai 1978. (DR)





Fin 1984, c'est encore et toujours au Tchad que le Delta intervient. Il s'agit d'évaluer l'état des forces rebelles de Goukouni Oueddeï armé par la Lybie opposé à Hissène Habré qui est maintenant soutenu par la France (pour faire rempart à Khadafi) admirez au passage comme la situation s'est totalement inversée en 6 ans... Les opérations se succèdent donc, d'abord "Ombrine" le 18 novembre avec le 9/AH (encore lui!) avec comme équipage Cdt Arzul et Cne Duffaut, l'avion va effectuer une reconnaissance sur 5 objectif dont la piste de Ouadi Doum. Puis le 24 novembre c'est l'opération Martre (toujours avec le 9 qui décidément doit être le mirage IV qui a la carrière la plus riche de l'armée de l'air) avec aux commandes le LC Sabathe et le Cdt Mérouze (ce nom vous dit quelque chose? C'est normal, on entend beaucoup parler de sa fille Claire Mérouze en ce moment puisqu'elle est la première pilote de Rafale, ils vont en avoir des anecdotes à raconter dans la famille !).

C'est un peu plus tard que va avoir lieu la plus longue mission réalisée sur mirage IV, le 18 février 1986, le LC Morel et le Cdt Mérouze partent pour l'opération TOBUS (le nom du chien du général qui commandait le COFAS) sur le mirage IV 31/BD. Il s'agit de réaliser un raid pour évaluer les résultats de l'attaque des 12 jaguar du 1/11 Roussillon sur la piste de Ouadi Doum. La mission reconnaissance fut effectuée à Mach 1,85 et 50 000 pieds après avoir largué les réservoirs supplémentaires (ce qui était très rare). La mission nécessita 11h de vol et 12 ravitaillement, 3h de vol de nuit et 30 minutes en supersonique, elle sollicita donc l'équipage de manière très importante.

reconaissance stratégique
Le 31/BD, l'avion utilisé pour la mission Tobus, aujourd'hui à la BA 279 de Chateaudun en train de se dégrader lentement, mais peut être existe t-il un espoir pour lui au musée européen de l'aviation de chasse de Montélimar. (photo M. Rostaing)


Dassault mirage IV
L'arrivée de l'équipage de la mission Martre, LC Sabathe et Cdt Mérouze (photo collection J. Mérouze)

Conteneur CT-52
Le 45/BR, un des derniers Mirage IV A opérationnel pour les missions de reconnaissance du CIFAS, avec le 9/AH, jusqu'en septembre 1991.



  • Opérations extérieures


Lors de ses dernières semaines d'activité, le Bretagne a déployé un mirage IV à Djibouti dans le cadre de l'opération Condor (La France avait été mandatée par l'ONU pour cartographier les îles Hanish afin de régler un conflit territorial entre le Yémen et l’Érythrée), Ainsi plusieurs détachement de mirage IV des 1/91 et 2/91 vont se succéder du 21 au 26 juin 1996 (54/CA) puis du 25 aout au 1er septembre (52/BY) et enfin 1er au 5 mars 1997 (13/AL).

EB 1/91 Gascogne
1er appareil à avoir participé à la mission Condor, le 51/BY est à Chateaudun depuis 1999

2/91 Bretagne
Le 54/CA retiré du service à la dissolution du 2/91 Bretagne, cet appareil est toujours à Chateaudun. (photo David Ilott)

2/91 Bretagne
Le 13/AL, retiré du service en 1999 à participé à la dernière campagne photo de l'opération Condor, il est le 1er mirage IV P de série







En 1996, le mirage IV P perds sa mission nucléaire (reprise définitivement par les 1/4 Dauphiné, 2/4 La Fayette et 3/4 Limousin sur mirage 2000N). Des deux escadrons restants, l'EB 1/91 Gascogne se reconverti en ERS (Escadron de Reconnaissance Stratégique) et l'EB 2/91 Bretagne est dissous le 4 juillet 1996. La mission de reconnaissance stratégique devient donc mission principale de l'escadron autour du CT-52 (reconnaissance jour et nuit avec caméra haute et moyenne altitude, caméra trimétrogone et capteur infrarouge). Ce changement de mission intervient pendant la crise des Balkans auxquels 6 mirage IV P du Gascogne vont participer durant les opérations Crécerelle (en Bosnie en 1994/1995), Salamandre vers 1997 puis Trident (au Kosovo en 1999).


Les deux escadrilles du gascogne

Reconnaissance stratégique
Le mirage IV P a maintenant totalement pris la relève, comme le montre le 25 / AX équipé de deux bidons de 2500 l, d'un pod de contre mesure BOZ 103 ,d'un brouilleur Barax et d'un conteneur CT-52 en point ventral. Une configuration assez classique. (DR)


Reconnaissance stratégique
Les 36/BI et 61/CH en formation ce qui demeurait assez rare dans les escadrons de mirage IV. (DR)



Sous toutes les latitudes, de 1996 à 2005, les mirage IV de l'ERS veilleront !


Durant cette dernière opération, c'est la moitié des moyens de l'ERS qui avaient été engagés avec 3 mirage IV P et 3 équipages basés à Solenzara. Ainsi, chaque jour deux avions vont s'élancer vers l'ex Yougoslavie.

Le déroulement d'une mission type est alors:

Décollage en subsonique, transit par Rome, Pescara puis l'adriatique où intervient un premier ravitaillement en vol à 25 000 pieds. Après ce 1er ravitaillement, le mirage monte ensuite à 30 000 pieds pour quitter les niveaux inférieurs saturés d'appareils de combat. là, les choses sérieuses commencent: Accélération à Mach 1,8/ 1,9 et montée à 45 000- 50 000 pieds puis cap sur le Kosovo ou la Serbie (durant ces vols, les bidons de 2500 L n'étaient pas montés). Après traitement de leurs objectifs, les mirage IV regagne l'adriatique tout en freinant et redescendant à 25 000 pieds pour un nouveau ravitaillement. A l'issu de ce ravitaillement, l'appareil effectue soit un retour à Solenzara soit une nouvelle pénétration sur un autre objectif suivi d'un autre ravitaillement. On le voit donc, cette période à due être assez éprouvante pour les équipages de l'ERS qui se sont relevés tous les mois.

Reconnaissance stratégique
Le 25/AX en virage nous dévoile sa ligne très pure bien que bardée d'antennes, avec en premier lieu les deux antennes sabre du système Agasol. (DR)

parachute freijn
Le dernier mirage IV de série, le  62/CI au roulage, le parachute de freinage sera ensuite largué puis récupéré par des mécaniciens. (DR)

En parallèle, le Gascogne intervient en Arabie saoudite en 1998 pour la surveillance de l’Irak lors de l'opération Aladin. Comme pour l'opération Condor, c'est l'ONU qui demande à la France de réaliser des reconnaissances, un mirage IV et une équipe sont détachés à Al Kharj en Arabie Saoudite en juin/juillet 1998 et de septembre à novembre de la même année. Les appareils impliqués ont été le 13/AL et le 11/AJ.





opération Aladin
Le AJ qui accueille aujourd'hui les visiteurs à l'entrée de la BA 106 de Bordeaux Mérignac, on distingue sur son nez une lampe d'aladin appliquée lors de l'opération du même nom. (DR)






Chistera Djibouti
AV a fait son premier vol le 22/06/1965 et son dernier vol le 1/03/2005, il a à son actif 7792 heures de vol.

Djibouti
Un mirage IV en vol près de Djibouti, l'appareil est en configuration lisse. (Photo Mazzocho)





En plus de toutes ces missions, il faut bien sûr maintenir un entrainement régulier des équipages, cela se fait au travers de missions javelot d'entrainement au vol longue distance, longue durée pouvant atteindre 7h avec ravitaillement en vol dont la finalité est le recueil lointain de renseignements.




Puis c'est au tour de l'Afghanistan suite aux attentats du 11 septembre 2001 durant l'opération Héraclès (octobre 2001 à février 2002), les mirages sont déployés à Al Dhafra. Les photographies transmises à l'état major américain à l'époque sont particulièrement appréciées par ces derniers.


Al Dhafra
Des militaires américains posent devant le 62/CI (DR)

Début 2003, c'est l'opération Tarpan sous mandat de l'ONU destinée à détecter les soit disant "armes de destruction massive" de l'Irak depuis la base de Al Kharj en Arabie Saoudite. L'opération se déroule du 21 février au 9 avril 2003 et c'est deux mirage IV et deux C-135 FR qui sont impliqués pour photographier 110 000km² du territoire irakien (Le 25/AX et le 53/BZ reconnaissable aux marquages UN c'est à dire United Nations qu'ils arboraient sur la dérive).

Dassault Mirage IV P
Application des marquages des nations unies. (DR)


Dassault Mirage IV P 25/AX
AX durant la mission Tarpan, l'appareil volait en configuration lisse avec toutefois deux pods de contre mesure externes et le CT-52.

Dassault Mirage IV P 53/BZ
Du BZ, il ne reste malheureusement que le fuselage qui demeure à Chateaudun. L'appareil a effectué son dernier vol le 12/05/2005, après lui, seuls 3 appareils ont continués à voler

Organisation des nations unies


Réalisés en subsonique et à moyenne altitude, avec l'accord du gouvernement irakien, ces survols ont malgré tout été salués par un certains nombre "d'illuminations" des avions par les radars de la défense aérienne de Saddam. Ce seront les dernières missions de guerre des mirage IV...



  • La fin du mirage IV


Fin 1999, il ne reste que 8 mirage IV en service dans l'armée de l'air dont 5 au sein de l'Escadron de Reconnaissance Stratégique 1/91 Gascogne et 3 stockés, ce sont les AJ, BI, CH, CI, CF, AX AV et BZ.
ERS 1/91 Gascogne
Au début des années 2000, l'équipage de L'Alpha Juliet prêt à partie en mission.  (photo Christian Boisselon)
40 ans
En 2004, c'est le 40ème anniversaire du mirage IV et des FAS



Mirage IV 23/AV
Pour l'occasion, le Mirage IV 23/AV reçoit une livrée spéciale, l'insigne du gascogne est présent en grand format des deux côtés de la dérive

Dassault Mirage IV P 23/AV
Sous l'appareil, les 9 autres escadrons ayant été équipé de l'appareil ainsi que l'insigne des FAS.
Le dernier Mirage IV en Visite d'entretien Périodique (le 61/CH) a quitté l'ESTS (Escadron de Soutien Technique Spécialisé) de Bordeaux Mérignac  le 25 février 2005, il n'en restait que six (Les CH, CF, CI et AX, AV et BZ).

Dassault Mirage IV P
Fin 2004, 5 mirage IV décollent de Mont de Marsan pour accompagner le 36/BI vers sa dernière demeure la BA 125 d'Istres où il est toujours exposé (il a d'ailleurs subit une petite cure de rajeunissent l'année dernière) aux couleurs de l'escadron Guyenne. (DR)
ERS 1/91 Gascogne
Dans les derniers mois d'activité, la flight line, le CH est le premier appareil à avoir volé avec le CT-52, c'était en octobre 1968 (DR).

Le 6 juin 2005, deux mirage IV survolent une dernière fois les bases des FAS qui l'ont hébergé (Istres, Orange, Mont de Marsan, Luxeuil, Cambrai, Creil, Avord, Saint Dizier et Cazaux).



décoration retrait de service
Pour le retrait de service du mirage IV, une livrée haute en couleur et riche en symbolique a été appliquée à l'appareil, l'extrados avec pellicule photo et une flèche bleue rappelle la mission de reconnaissance stratégique de l'appareil. Tandis qu'à l'avant l'appareil couleur aluminium rappelle la livrée portée durant la  première décennie de service du mirage IV a, l'arrière reste camouflée avec sur la dérive les deux escadrilles du Gascogne et de l'autre côté l'insigne des forces aériennes stratégiques. (DR)


Dassault Mirage IV P 59/CF
Le dessous, un soleil jaune sur fond rouge évoque lui plus la mission de dissuasion nucléaire , avec les insignes des FAS et du 1/91 Gascogne. Bref une bien belle livrée ! (DR)


Le 14 juin 2005, le mirage IV 59/CF a été au Salon du Bourget 2005 pour un dernier baroud d'honneur.

Dassault Mirage IV P 59/CF
L'appareil vu au salon du Bourget




Le retrait définitif a eu lieu à Mont-de-Marsan le 23 juin 2005, à cette occasion une journée d'adieu est organisée. L'appareil a équipé 9 escadrons de bombardement et un escadron de reconnaissance et d'instruction et a effectué 337 000 heures de vol, il a marqué des centaines de personnes pour qui il restera l'un des plus beaux avion qui ait jamais volé.

Dassault Mirage IV P 62/CI
Lors de la journée d'adieu, c'est l'occasion de voler pour la dernière fois en patrouille avec le dernier mirage III E en état de vol, le 560 du CEV qui partira à la retraite au CAEA 4 mois plus tard. (DR)



retrait de service mirage IV
Le 59/CF est maintenant exposé sur la BA 110 de Creil, il est arrivé là bas par un dernier vol le 23 juin 2005. Il conserve toujours sa superbe livrée. (DR)

musée de l'air et de l'espace
Le 30 juin 2005 a lieu le dernier vol du mirage IV, deux appareils, les 62/CI et 61/CH décollent de Mont de Marsan séparemment. Le CI est le premier à se poser, il rejoint le musée de l'air et de l'espace du Bourget. (photo "july jezebel")

St Dizier aéro rétro
Le 61/CH est le dernier à avoir volé puisqu'il s'est posé à Saint Dizier 3 minutes après le 62/CI, il rejoint le musée aéro rétro. (DR)



Dassault Mirage IV
Le 59 Charlie Fox met un point final à l'histoire du mirage IV dans l'armée de l'air. (DR)




Finalement, la succession du mirage IV est assurée depuis début 2005 par un mélange de différents moyens:

Pour la reconnaissance:

  • les satellites Hélios 1 puis 2 
  • les mirage F-1 CR jusqu'à l'été 2014
  • le Rafale équipé du pod RECO NG à partir de novembre 2010
Pour la dissuasion nucléaire:
  • Les mirage 2000 N K2 puis K3 équipé de l'ASMP-A (Air Sol Moyenne Portée Amélioré)
  • Le Rafale avec l'ASMP-A également

Mais comme disait Bernard Chabbert:

"Une chose est certaine, vers 2010 ou vers 2020 un membre haut placé du gouvernement d'alors regrettera de n'avoir pas une paire de vieux mirage IV à envoyer de tout urgence au dessus d'une crise en gestation."

  • Le devenir des mirage IV:

Voyons maintenant ce qu'il est advenu de tous les appareils construits:

  • 1 prototype, 
  • 3 appareils de pré-série
  • 62 appareils de série ont été construits.

Sur ces 66 appareils:
  • 22 ont été ferraillés (ou sont toujours en attente de leur sort à Chateaudun)
  • 23 se sont écrasés
  • 21 sont préservés
Ce récapitulatif est toujours susceptible d'évoluer dans la mesure où des bases ferment (c'est le cas du AX qui se trouvait sur la base de Brétigny et qui a été attribué au musée d'Albert dans la Somme), des associations récupèrent parfois des appareils à Chateaudun (C'est le cas du BD qui doit être récupéré par le musée de l'aviation de Chasse de Montélimar) même s'ils commencent à beaucoup s’abîmer !).

01 Crash le 23/02/1963
02 Réserves du musée de l'air et de l'espace (non accessible au grand public)
03 seul le cockpit est préservé à St Aubin
04 Crash le 23/10/1968

1  AP Musée CANOPEE BA 279 Chateaudun
2  AA Crash le 26/09/1973
3  AB Collision le 30/05/1978 avec le 41/BN
4  AC Pot de fleur BA 721 Rochefort
5  AD Crash le 21/04/1982
6  AE Savigny lès Beaune en assez mauvais état)
7  AF Chateaudun (décoration spéciale)
8  AG épave au CEAT de Toulouse
9  AH Musée de l'air et de l'espace du Bourget
10 AI Crash le 27/07/1969
11 AJ Pot de fleur BA 106 Bordeaux Mérignac
13 AL ferraillé
14 AM Chateaudun
15 AN Crash le 10/01/1975
16 AO Pot de fleur BA 113 de St Dizier
17 AP Crash le 5/06/1966
18 AQ Musée Savigny lès Beaune (en assez mauvais état)
19 AR ferraillé
20 AS Crash le 14/05/1982
21 AT ferraillé
22 AU Crash le 09/01/1970
23 AV Pot de fleur à la BA 120 de Cazaux
24 AW Chateaudun (décoration spéciale)
25 AX musée d'Albert, collection Bétrancourt (arrivé en juin 2013)
26 AY ferraillé
27 AZ Chateaudun
28 BA Musée EALC Lyon Corbas (un des appareil les mieux présenté, sans être chauvin)
29 BB Pot de fleur BA 702 Avord
30 BC Crash le 12/10/1971 
31 BD arrivé au musée de l'aviation de chasse de Montélimar le 9/08/2013 depuis la BA 279 de Chateaudun 
32 BE Chateaudun
33 BF Crash le 15/05/1973
34 BG ferraillé
35 BH Crash le 17/08/1968
36 BI Pot de fleur BA 125 Istres le Tubé
37 BJ Pot de fleur BA 115 Orange (avec le code BE)
38 BK Crash le 14/02/1966
39 BL Crash le 20/08/1986
40 BM Crash le 30/05/1973
41 BN Collision le 30/05/1978 avec le 3/AB
42 BO Crash le 10/06/1981
43 BP Pot de fleur BA 118 Mont de Marsan
44 BQ Chateaudun
45 BR ex-cité des sciences la vilette, à Chateaudun dans un hangar en 2011
46 BS Chateaudun
47 BT Chateaudun
48 BU Crash le 20/06/1994
49 BV Chateaudun
50 BW Crash le 18/06/1973
51 BX Crash le 2/12/1987
52 BY Chateaudun
53 BZ Chateaudun (uniquement le fuselage)
54 CA Chateaudun
55 CB Chateaudun
56 CC CAEA Bordeaux Mérignac (voir site)
57 CD Chateaudun (décoration Spéciale)
58 CE Crash le 7/10/1977
59 CF Pot de Fleur BA 110 Creil (décoration spéciale retrait de service)
60 CG Crash le 19/11/1971
61 CH Exposé Saint Dizier aéro rétro
62 CI  Réserves du Musée de l'air et de l'espace du Bourget (non accessible au grand public)


Donc si vous voulez voir un mirage IV, vous savez où vous pouvez aller !


Source : Alexandre Paringuaux le Règne du Mirage IV
Source: Documentaire vidéo: Mirage IV, l'avion de la bombe
source: Air Fan (192 à 198, 213, 257, 323 et 332) 
source: Pegase.tv Mirage IV Le delta de l'apocalypse

et de nombreux autres que je dois oublier bien involontairement !


Il existe également un autre livre considéré par beaucoup comme la bible du mirage IV, il s'agit du Docavia "Mirage IV le bombardier stratégique" d'Hervé Beaumont aux éditions Larivière. Malheureusement, ce livre a été édité il y a dix ans et le prix des rares exemplaires en vente est prohibitif donc je n'ai pu y avoir accès...



Voilà qui couronne la fin de cette série sur le mirage IV pour lequel j'ai essayé d'être le plus exhaustif possible!

Bon week end

Baptiste
































19 commentaires:

  1. Salut Baptiste

    Là tu m'apprends quelque chose.
    Le Mirage IV est parti de la Cité des Sciences.
    IL faut vite qu'un autre musée le récupère et l'abrite (Français ou étranger), car il doit être un des plus beau encore existant.
    Car à Chateaudun, il doit trainer avec les autres en extérieur.

    Bon week end à toi.
    A+

    RépondreSupprimer
  2. merci pour ce document, même en possédant "la bible" comme on l appelle ,beaucoup de photos inédites pour moi, fan du M IV A..merci encore
    FRANCIS F

    RépondreSupprimer
  3. Merci Francis,

    Les photos proviennent de nombreux auteurs grâce auxquels j'ai pu faire cet article, je n'ai malheureusement pas pu en contacter beaucoup pour les remercier, mais comme vous je suis heureux
    de pouvoir découvrir des documents sur ce fabuleux appareil !

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Je recherche une photo du M IV A n° 30 Pour l inauguration d une stèle à Saint Dizier en présence de la famille et de bien d autres...Francis F

      Supprimer
  4. en 1965 à creil nous les pompiers ...étions chargés de ramasser le parachute et non les mécanos
    nous en avions 2 dont un décollait avec la pc vers minuit ce qui valu àla base les foudres des habitants de creil

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. en 1969 j'étais à creil comme fusilier commando,un soir,nous étions d'intervention
      immédiate,nous sommes allés sur un crash d'un mirage de saint dizier tombé près de laon
      nous y avons passé deux nuits,le lendemain du crash un général deux étoiles est venu récupérer la boite noire,il était en alouette avec un pilote ajudant,l'alouette 2 n'a pas pu redémarrer il est parti en voiture,j'ai passé la deuxième nuit dans l'alouette

      Supprimer
  5. en 1965 le mirage 4 recu l'arme atomique j'étais chauffeur pompier et nous accompagnons la bombe du dépot au hangar atelier
    et tout ceci se faisait à 25km h pour permettre aux mecanos de se familiariser a la mise en place sur l avion

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. je recherche les anciens de la ssis des annees 1965 1966 j'arrivai en juin 65 et quelques semaines plus tard un vautour de l'escadron de reims s'ecrasait du cote de senlis

      Supprimer
  6. Bonjour et merci pour cette magnifique page dédiée à cet avion majestueux !!
    Pour compléter le listing, d'après le DOCAVIA, le N°12/AK fut le premier Mirage IV à être réformé en 1986. Donc très certainement ferraillé depuis longtemps...
    A+

    RépondreSupprimer
  7. Bonjour,

    Merci pour cette info sur le mirage IV N°12. Bonne soirée. Cordialement

    Baptiste

    RépondreSupprimer
  8. Bonjour,
    Un autre fait relaté par le DOCAVIA, dans le genre loi des séries : tous les appareils portant un numéro multiple de 10 ont tous été détruits...
    Cordialement.

    RépondreSupprimer
  9. Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.

    RépondreSupprimer
  10. Merci pour ce reportage
    Avion qui a bercé ma jeunesse ,surtout le 300578 mon père était dans dans un des deux mirages
    Merci au siège éjectable

    RépondreSupprimer
  11. Merci pour ce reportage
    Avion qui a bercé ma jeunesse ,surtout le 300578 mon père était dans dans un des deux mirages
    Merci au siège éjectable

    RépondreSupprimer
  12. Merci pour ce reportage
    Avion qui a bercé ma jeunesse ,surtout le 300578 mon père était dans dans un des deux mirages
    Merci au siège éjectable

    RépondreSupprimer
  13. Petites erreurs entretenue par les gens de Saint-Dizier :
    - Il n'y a pas eu de patrouille de MIVP le 30 juin 2005, chaque avion a décollé en individuel, et le 61/CH a décollé en dernier
    - le 61/CH s'est bien posé en dernier sur l'aéroport du Bourget, confirmé par les temps de vol de chacun des avions, et les contrôleurs des différents terrains, et les équipes de TF1 et du musée de l'air et de l'espace.

    Pour mes sources : je faisais partie de l'équipage du 61/CH...

    RépondreSupprimer
  14. en 1969 j'étais appelé comme fusilier commando a creil,un soir que nous étions d'intervention
    immédiate nous sommes partis sur un crash d'un mirage 4 de saint dizier,nous avons roulé de nuit
    pendant une heure trente pour atteindre la zone de crash près de laon,le lendemain une alouette s'est posée avec à son bord un pilote adjudant et un général 2 étoiles venus récupérer la boite noire

    RépondreSupprimer
  15. appelé de la classe 69/2 après 2 mois à nimes chez les fusiliers commandos,je suis arrivé à la ba110 j'ai vu pour le 14 juillet 1969 12 mirages 4 alignés en zto et j'ai vu le décollage et le passage en formation au dessus de la piste avant leur départ pour le défilé des champs elysées.
    nous avions étés réveillés au préalable par le commandant alégria furieux de ne voir personne
    de garde au près des mirages,notre dortoir donnais dans le hangar de maintenance des mirages

    RépondreSupprimer
  16. Bonjour, le Mirage IVA BR/45 sera prochainement transféré au Yorkshire Air Museum à Elvington. Dans le cadre de la communication associée, serait-il possible d'utiliser la photo reprise dans votre article légendée: Le 45/BR, un des derniers Mirage IV A opérationnel pour les missions de reconnaissance du CIFAS, avec le 9/AH, jusqu'en septembre 1991. Sinon, quel crédit photo indiquer?
    Merci

    RépondreSupprimer